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HUPFEL Simon

Maître de Conférences en Sciences Économiques

Université de Haute-Alsace
Campus Fonderie
16 rue de la Fonderie
68100 Mulhouse

simon.hupfel uha.fr

+33 89 56 82 40

 

L’essentiel de mes recherches se situe à l’interface entre les champs économique et politique. Elles portent d’abord, dans le sillage de ma thèse, sur les institutions qui régulaient le fonctionnement des manufactures dispersées urbaines – en particulier les manufactures de soieries – dans la première transition industrielle. Tout en posant la question de l’influence des configurations institutionnelles sur l’efficacité de telles industries, mon travail m’a surtout conduit à insister sur les équilibres politiques qui sous-tendent ces configurations. Cette perspective permet ainsi de relier la question de la spécialisation industrielle aux formes de l’appareil politico-administratif, en fonction des possibilités qu’il offre d’établir des règles industrielles à différents niveaux de gouvernement, de la nature de ces règles et des moyens de les faire appliquer.

Sur ce même terrain, je me suis intéressé au rôle joué par les économistes classiques dans l’élaboration des politiques publiques touchant ces industries. Mais c’est en fait plutôt l’influence du débat politique sur la réflexion des économistes classiques qui m’est apparu déterminante. Adoptant ainsi l’approche de l’histoire intellectuelle, j’ai surtout cherché à comprendre comment le développement de l’économie politique était orienté par les débats économiques et sociaux à la charnière entre XVIIIe et XIXe siècles, et tout spécialement par les formes et les contraintes du débat public (notamment au parlement et dans la presse) dans lequel ils prenaient corps. C’est dans ce même souci que j’ai travaillé sur la pensée de Lauderdale, qui semble largement constituer une tentative de traduction du langage politique whig du XVIIIe siècle dans les termes de l’économie politique naissante, en reprenant ces thèmes centraux, tels l’intérêt général, la dette publique, l’inflation.

Enfin, le troisième objet, plus contemporain, qui m’occupe actuellement est celui du travail frontalier. Il s’agit de comprendre, dans une perspective de sociologie politique et de sociologie économique, comment le décalage culturel, des conditions de travail et des revenus induits par ce type d’occupation influence les sociabilités des individus concernés et reconfigure ainsi leur espace social. L’objectif est in fine de s’appuyer sur ces résultats, obtenus grâce à une enquête ethnographique menée dans le Sud de l’Alsace, pour mieux comprendre leur comportement politique et l’ancrage remarquable du vote à droite que l’on observe dans cette région. Cette réflexion rejoint le questionnement – que l’on a conduit sur les canuts de Lyon – de l’enracinement de schèmes argumentatifs dans des pratiques sociales et professionnelles, et de l’élaboration d’une économie politique populaire.