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Enseignements

Cliométrie - Cliometrics - Kliometrie

Faut-il employer la cliométrie en sciences humaines et sociales ? S’agit-il d’une discipline qui marierait harmonieusement théorie et analyse empirique ? S’agit-il d’abord d’une branche de l’histoire ou de la science économique ? Quel crédit faut-il accorder à cette démarche de recherche ? Quel type de méthodes cliométriques doit-on employer ? Les sciences humaines et sociales deviendront-elles pour autant plus scientifiques ? Quel rôle la cliométrie peut-elle et doit-elle jouer dans la formation des jeunes étudiants et doctorants engagés dans des recherches universitaires de sciences humaines et sociales ? Enfin, que faudrait-il faire pour surmonter le problème de communication, réel mais souvent latent, créé par l’intrusion des méthodes systématiquement quantitatives dans la littérature en sciences humaines et sociales lorsque ces dernières sont en voie de devenir techniquement beaucoup plus élaborées et qu’il est difficile de croire que ce mouvement se renversera ? Mes enseignements visent à apporter quelques éléments de réponse et ceci, même si je m’étonne qu’il y ait encore aujourd’hui un débat actif sur les questions mentionnées plus haut, puisque depuis toujours (ou presque), la quantification est partie prenante des recherches historiques en sciences humaines et sociales. Avons-nous d’ailleurs le choix entre employer des méthodes quantitatives et ne pas le faire ? J’estime que non et cela pour une raison essentielle : le quantitatif est présent dans toutes les approches, mais sans doute de manière plus implicite qu’explicite. Certes, les méthodes quantitatives sont, depuis toujours, la particularité intrinsèque des recherches notamment françaises en sciences humaines et sociales, mais leur utilisation a été pour l’essentiel, en dehors de l’économie, secrète et subliminale. Puisque beaucoup de questions qui reposent sur des dimensions quantitatives sont déguisées par des mots, la quantification n’est pas apparente. J’illustre régulièrement cette proposition en défiant mes étudiants à choisir une page au hasard d’un de leur livre préféré d’économie, d’histoire, de sociologie etc. et leur demande de déterminer si vraiment la quantification est implicitement présente dans ce qu’ils viennent de lire. C’est effectivement très souvent le cas. Ma réponse à la première question, serait dès lors de dire que c’est une perte de temps que de se disputer pour savoir si vraiment il faut favoriser la quantification en sciences humaines et sociales, aussi parce qu’il n’est, à l’évidence, pas possible (ni nécessaire d’ailleurs) d’exorciser ce soi-disant démon ! Au niveau international cette question me parait d’ailleurs tranchée depuis longtemps. La véritable question à poser est finalement toute autre : comment employer la quantification au meilleur avantage ? En effet, à moins de s’accompagner d’un traitement statistique et/ou économétrique et d’une analyse quantitative systématique, la mesure n’est rien de plus qu’une autre forme d’histoire narrative. Elle remplace certes les mots par des chiffres, mais elle ne fait intervenir aucun facteur nouveau. En revanche, la cliométrie innove lorsqu’elle s’efforce de formuler les explications du développement économique passé en termes de modèles hypothético-déductifs valables qui, eux-mêmes, appellent aux techniques les plus fines de l’économétrie ; le but étant d’établir, sous forme mathématique, l’interaction des variables dans une situation donnée. Quand la question est posée de cette manière, il devient évident que des positions trop rigides ne sont plus défendables, mais que les travaux de recherche sont aussi beaucoup plus rares ! (Diebolt, 2001).

 

Autres publications cliométriques (avant octobre 2004).

Sélection de 15 articles publiés, avant octobre 2004 et mon arrivée au BETA à Strasbourg, dans la revue Historical Social Research. An International Journal for the Application of Formal Methods to History.

"Die Behandlung des Trends bei Simon Kuznets", 29 (1), 2004, pp. 271-276 ; "A New View of Evolutionary Economics, Game Theory and Cliometrics", 28 (3), 2003, pp. 229-230 ; "Accounting Expenditures on Education. Japan from the Meiji Restoration to the Second World War", 28 (1), 2003, pp. 290-305 ; "Human and Social Capital in Economic History" (Editor), 27 (4), 2002, 335 pages, avec R. Metz ; "Towards a New Social Structure of Accumulation ?", 27 (2/3), 2002, pp. 85-99 ; "A Survey on Cycles and Chaos (Part II)", 27 (2/3), 2002, pp. 266-273, avec C. Kyrtsou ; "What is Convergence ?", 27 (1), 2002, pp. 203-205 ; "A Survey on Cycles and Chaos (Part I)", 26 (4), 2001, pp. 208-219, avec C. Kyrtsou ; "The Cliometric Framework", 26 (2/3), 2001, pp. 250-254 ; "New Light in Cliometrics", 26 (1), 2001, pp. 219-221 ; "Trends in Public Employment and Wages. The Case of France in the Nineteenth and Twentieth Centuries", 25 (1), 2000, pp. 3-24, avec V. De Faria ; "Government Expenditure on Education and Economic Cycles in the Nineteenth and Twentieth Centuries. The Case of Spain with Special Reference to France and Germany", 24 (1), 1999, pp. 3-31 ; "Public Expenditure on Higher Education in Germany and the United Kingdom after World War II", 24 (1), 1999, pp. 187-196, avec V. Carpentier ; "Old Age Policies in France and Germany from the Last Decates of the Nineteenth Century to the First World War. A Quantitative Re-Definition", 22 (3/4), 1997, pp. 181-197, avec A. Reimat ; "Education and Economic Growth in Germany before the Second World War. An Econometric Analysis of Dynamic Relations", 22 (2), 1997, pp. 132-149, avec J. Litago.

 

Principaux enseignements dispensés.

"Cliométrie" en Licence et Master à l’Université de Strasbourg (depuis 2005). L’objet de ces cours (en allemand, anglais et français) est de faire appel aux approches cliométriques (à l’utilisation conjointe du discours historique, de la théorie économique, des outils statistiques et de la modélisation mathématique) pour tenter de transformer la vision moderne sur un débat historique majeur : les déterminants de la croissance économique.

"Cliometric Approaches in Economic History" dans le cadre de l’International Doctoral Programme in Economics entre la Sant’Anna School of Advanced Studies de Pise et l’Université de Strasbourg (depuis 2008). The aim of the lectures is to present international research on quantitative history structured by economic theory and using statistical and econometric methods.

"Grundmodelle der Bildungsökonomie in kliometrischer Perspektive" en Master à l’Université Humboldt de Berlin (Priv.-Doz. de 2002 à 2016).

 

Sélection d’enseignements plus anciens.

"Cliométrie et croissance économique" et "Economie de l’éducation" en DEA Analyse économique, modélisation et quantification, puis en Master à l’Université Montpellier I (1998-2005).

"Economie historique" en DEA Politique économique à l’Université Montpellier I (1992-2001).

 

Sujet du Bac 2007 : Sciences Economiques et Sociales.

"En résumé, le retour à l’équilibre ne s’effectuera que par un accroissement du volume des salaires par rapport au revenu total. Seule une relance des salaires et de la consommation en générale permettrait une relance de l’économie, une meilleure qualité de vie et une résorption du chômage. La réalisation du plein-emploi suppose que les Etats utilisent les politiques fiscale et bancaire pour stimuler la consommation et les investissements privés. Il est peu probable que cela suffise. C’est pourquoi une assez large socialisation de l’investissement est le seul moyen d’assurer approximativement le plein-emploi." (Extrait de : C. Diebolt, "La pauvreté au milieu de la surabondance...", Problèmes Economiques, n°2.860, La Documentation Française, Paris, 2004, pp. 44-48.

 

 Direction de recherches.

   Encadrement de 13 thèses de doctorat, 4 post-doctorants, et 8 habilitations à diriger des recherches (depuis 2001).

Récentes soutenances et docteurs récompensés par des Prix de thèse :

Mattei Clara : Market Fetishism and Repressive Politics in the European Austerity Thinking after World War I, Soutenance le 13 juin 2016.

Perrin Faustine : Gender Equality and Economic Growth in the Long Run - A Cliometric Analysis, Soutenance le 2 décembre 2013. Prix du Groupement d’Intérêt Scientifique - Institut du Genre du CNRS.

Hippe Ralph : Human Capital Formation in Europe at the Regional Level - Implications for Economic Growth, Soutenance le 30 octobre 2013. Prix de l’Université Franco-Allemande, Prix Koch du Chapitre de Saint-Thomas, Prix de la Société des Universités de l’Académie de Strasbourg et de la Reutlinger Wirtschaftstreuhand.

Habilitations à diriger des recherches :

Le Chapelain Charlotte : Industrialisation et capital humain en longue période, en cours.

Jaoul-Grammare Magali : Cliométrie des inégalités. L’enseignement supérieur français aux XIXème et XXème siècles, en cours.

Igersheim Herrade : Libéralisme de la liberté. Fondements, analyses, expérimentations, Soutenance le 23 avril 2015.

Nguyen-Van Phu : The Economy-Environment Nexus Revisited. Empirical and Theoretical Reappraisal, Soutenance le 17 octobre 2013. Médaille de Bronze du CNRS 2015.

Rivot Sylvie : Analytical Foundations for Policy. Keynes and Friedman, Soutenance le 11 juin 2013.

Barbier-Gauchard Amélie : Fédéralisme budgétaire, discipline et croissance dans une UEM hétérogène, Soutenance le 17 juillet 2012.

Robin Stéphane : Essays on Innovation. An Empirical Perspective, Soutenance le 29 mai 2012.

Cornand Camille : Macroéconomie monétaire, coordination et information hétérogène. Une analyse de la communication des banques centrales, Soutenance le 24 juin 2010. Médaille de Bronze du CNRS 2011.

  Participation à 45 soutenances de thèses de doctorat ou d’habilitations à diriger des recherches (depuis 2000).

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