Accueil du site > Membres > Chercheurs et Enseignants-Chercheurs > Fiches > DIEBOLT Claude > Enseignements > Enseignements
Cliométrie - Cliometrics - Kliometrie
Faut-il employer la cliométrie en sciences humaines et sociales ? S’agit-il d’une discipline qui marierait harmonieusement théorie et analyse empirique ? S’agit-il d’abord d’une branche de l’histoire ou de la science économique ? Quel crédit faut-il accorder à cette démarche de recherche ? Quel type de méthodes cliométriques doit-on employer ? Les sciences humaines et sociales deviendront-elles pour autant plus scientifiques ? Quel rôle la cliométrie peut-elle et doit-elle jouer dans la formation des jeunes étudiants et doctorants engagés dans des recherches universitaires de sciences humaines et sociales ? Enfin, que faudrait-il faire pour surmonter le problème de communication, réel mais souvent latent, créé par l’intrusion des méthodes systématiquement quantitatives dans la littérature en sciences humaines et sociales lorsque ces dernières sont en voie de devenir techniquement beaucoup plus élaborées et qu’il est difficile de croire que ce mouvement se renversera ? Mes enseignements visent à apporter quelques éléments de réponse et ceci, même si je m’étonne qu’il y ait encore aujourd’hui un débat actif sur les questions mentionnées plus haut, puisque depuis toujours (ou presque), la quantification est partie prenante des recherches historiques en sciences humaines et sociales. Avons-nous d’ailleurs le choix entre employer des méthodes quantitatives et ne pas le faire ? J’estime que non et cela pour une raison essentielle : le quantitatif est présent dans toutes les approches, mais sans doute de manière plus implicite qu’explicite. Certes, les méthodes quantitatives sont, depuis toujours, la particularité intrinsèque des recherches notamment françaises en sciences humaines et sociales, mais leur utilisation a été pour l’essentiel, en dehors de l’économie, secrète et subliminale. Puisque beaucoup de questions qui reposent sur des dimensions quantitatives sont déguisées par des mots, la quantification n’est pas apparente. J’illustre régulièrement cette proposition en défiant mes étudiants à choisir une page au hasard d’un de leur livre préféré d’économie, d’histoire, de sociologie etc. et leur demande de déterminer si vraiment la quantification est implicitement présente dans ce qu’ils viennent de lire. C’est effectivement très souvent le cas. Ma réponse à la première question, serait dès lors de dire que c’est une perte de temps que de se disputer pour savoir si vraiment il faut favoriser la quantification en sciences humaines et sociales, aussi parce qu’il n’est, à l’évidence, pas possible (ni nécessaire d’ailleurs) d’exorciser ce soi-disant démon ! Au niveau international cette question me parait d’ailleurs tranchée depuis longtemps. La véritable question à poser est finalement toute autre : comment employer la quantification au meilleur avantage ? En effet, à moins de s’accompagner d’un traitement statistique et/ou économétrique et d’une analyse quantitative systématique, la mesure n’est rien de plus qu’une autre forme d’histoire narrative. Elle remplace certes les mots par des chiffres, mais elle ne fait intervenir aucun facteur nouveau. En revanche, la cliométrie innove lorsqu’elle s’efforce de formuler les explications du développement économique passé en termes de modèles hypothético-déductifs valables qui, eux-mêmes, appellent aux techniques les plus fines de l’économétrie ; le but étant d’établir, sous forme mathématique, l’interaction des variables dans une situation donnée. Quand la question est posée de cette manière, il devient évident que des positions trop rigides ne sont plus défendables, mais que les travaux de recherche sont aussi beaucoup plus rares !
○ Séminaire sur l’équilibre général comme savoir.
→ Visionner la conférence (≈ 54 minutes) : Cliometrie et équilibre général, 11 janvier 2007, Maison des Sciences Economiques, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
○ Débat sur les économistes dans la cité.
→ Ecouter l’intervention (11:27-22:05) : Expertise et statut des savoirs des économistes, 8 janvier 2010, Université de Toulouse 1 Capitole.
○ Séminaire sur le raisonnement contrefactuel en cliométrie.
→ Ecouter la conférence (≈ 92 minutes) : Le raisonnement contrefactuel en cliométrie : étude de cas et usage personnel de la démarche, 9 février 2011, Collège de France, Paris.
○ Principaux enseignements dispensés.
→ "Cliométrie" en Licence et Master à l’Université de Strasbourg (depuis 2005). L’objet de ces cours (en allemand, anglais et français) est de faire appel aux approches cliométriques (à l’utilisation conjointe du discours historique, de la théorie économique, des outils statistiques et de la modélisation mathématique) pour tenter de transformer la vision moderne sur un débat historique majeur : les déterminants de la croissance économique.
→ "Grundmodelle der Bildungsökonomie in kliometrischer Perspektive" en Master à l’Université Humboldt de Berlin (depuis 2002). Die Vorlesung ist als Einführung in die Bildungsökonomie konzipiert. Die Veranstaltung bemüht sich, den Beitrag der Bildung zum wirtschaftlichen Fortschritt zu erfassen und die Effizienz des Bildungssystems mit Hilfe ökonomischer und kliometrischer Instrumente zu durchleuchten und schließlich die Frage zu beantworten, welche Expansion des Bildungssystems erforderlich ist, um bestimmte sozial- und wirtschaftspolitische Zielsetzungen zu erreichen. Unmittelbar an die Vorlesung schließt sich eine Übung an.
→ "Cliometric Approaches in Economic History" dans le cadre de l’International Doctoral Programme in Economics entre la Sant’Anna School of Advanced Studies de Pise et l’Université de Strasbourg (depuis 2008). The aim of the lectures is to present international research on quantitative history structured by economic theory and using statistical and econometric methods.
○ Direction de recherches.
→ Encadrement de 11 thèses de doctorat, 3 post-doctorants, et 3 habilitations à diriger des recherches (depuis 2001).
→ Participation à 21 soutenances de thèses de doctorat ou d’habilitations à diriger des recherches (depuis 2000).